Métamorphosis

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 Chorégraphies de mots. [Nibel']

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Nibelheim
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MessageSujet: Chorégraphies de mots. [Nibel']   Dim 11 Mar - 17:32

Kirjava avait proposé un topic avec ses écrits et ... Je me permets de faire la même chose, je peux ?

J'écris depuis très longtemps. J'arrête longtemps entre deux périodes aussi. J'ai eu divers blocages, plus ou moins liés à mon expérience, mon inspiration, etc. Et voilà qu'en ce moment je m'y remets, après avoir arrêté depuis ... Septembre. La rentrée en prépa en fait. Bref voici quelques écrits récents. En espérant qu'ils vous plairont. Toute remarque, toute critique est bienvenue.

Je donnerais les références, s'il y a.


La boîte à musique suspend son chant
Un rouage claque et l’enfant se cache
Sous la couverture encore froide,
Sans oser respirer.
Le croque-mitaine se délecte de la peur
Des images noires des nuits agitées
Quand le rideau dissimule la lumière de la lune.
Dégoulinant des effrois des endormis
Substance visqueuse qui lui emprisonne un peu les membres,
Il avance lourdement, le visage fendu
D’un large sourire …
Sous le rêche tissu noir, le corps désarticulé
D’un pantin d’outre-monde.
Dans ses yeux vides, la certitude d’un Après
Bien plus triste que le morne présent.
Vampire de rêves, se nourrissant d’images
De celles qui vous font croire que vous n’êtes plus,
Il se construit un monde vert-de-gris noir
Où les eaux coulent à l’envers
Et où les morts s’exhalent en silence
Derrière les grands tableaux blancs.
De l’infini
.


Directement inspiré des visuels d'Opeth (notament Blackwater Park)
Chanson Blackwater Park, d'ailleurs.


Et le texte le plus récent :
Extrait, description d'une rencontre dans le métro.

A coté de moi, la silhouette fine d’un enfant de Raphaël. De longs cheveux noirs lui courent dans le dos, il demeure là, immobile. Hors du temps, hors de tout. Ses yeux ourlés de longs cils sombres ne daignent poser leur regard sur le monde qui l’entoure. A quoi songe-t-il ? A un nouveau tableau, semblent dire ses mains fines à demi dissimulées sous le velours noir de sa veste. A un ailleurs semble hurler son âme, à bout de souffle dans ce corps sans âge. Impalpable. L’inconnu du métro est un peintre aux souliers rouges, l’apprenti d’un grand maître d’un siècle lointain, de ces modèles que l’on aime pour cette beauté pure et non jouée, cette douceur inhérente à l’être, et à ces yeux pudiquement baissés. Le train apparaît, les portes claquent, je traîne mon fardeau. Il est à coté de moi, le regard errant, le regard perdu. Comme dans une sorte de contemplation intérieure. C’est peut-être un poète, finalement. Un artiste. Je me plais à le croire. On me dirait sans doute que ce n’est qu’un jeune homme parmi tant d’autres, avec ses préoccupations propres, et sa propre vie. Mais après tout, qu’est-ce qui m’empêche de lui voler cette part de lui trop offerte aux regards, et de me construire mon propre personnage, mon inconnu de cet instant là ? Presqu’honteuse, je l’observe, sans un mot. De temps à autres me tourne vers les autres humains du train, à l’air morose et fatigué, pour sentir mon regard inexorablement tiré vers lui. Il semble être sans âge, et à l’apogée de sa beauté. C’est le genre de personnage que l’on tuerait dans un roman. Pour l’empêcher de vieillir. L’inconnu du métro ne regarde rien, une station qui passe et il demeure. Il est de ces personnes habitées de grâce sans avoir à la rechercher. Le moindre mouvement de ses mains respire la danse, les menuets de cour ou les valses des grands bals. Mais un tel personnage n’y apparaîtrait jamais, trop habitué au silence des feuilles et aux pièces vides. Un livre à moitié froissé à la main, ou un croquis inachevé de quelque beau paysage … Oui, il est de ces gens face à qui l’on ne peut que se sentir horriblement maladroit. Je me perds en lui, disparaît à travers son enveloppe humaine. Je l’imagine dans un tableau du XVème siècle, dans un roman du XIXème, et il est toujours là, indifférent au monde qui l’entoure. Je le vois poser pour un peintre amoureux, ses grands yeux noirs ouverts au monde, un sourire jouant au coin de ses lèvres, comme une ombre déposée au pinceau, fugitive. Le train ralentit. Un amour d’un instant à perdre. C’est idiot et à jamais douloureux. Je m’avance vers la porte, près de lui, l’effleurant presque, et n’osant trop m’approcher tellement il semble immatériel. Un doux fantôme que je ne voudrais pas briser.

Il disparaît aussitôt dans la foule grimaçante. Le peintre aux souliers rouges rejoint le domaine des songes et des vies rêvées, le monde des ombres et des fantômes qu’on se créé à nous tous seuls. Le personnage hante un peu ma vie, avec tant d’autres, de ceux qui vous sourient au loin et qui vous oublient tout de suite, et de ceux qui, un instant, voudraient vous aimer. Son visage s’estompe, sa silhouette se brise et je retiens des bribes de beauté pure et cristallisée. Et j’y goûte, pour oublier mes déceptions et ma vie frissonnante, à ce nectar immatériel à l’étrange goût d’amertume. Laissons s’aimer les inconnus, ce sont les rares instants où ils ne pleurent pas les négligences de ceux qui leur avaient promis d’être là pour eux
.


Musique : Blackfield - 1er album. Notament Glow. Scars. Et Cloudy Now. (vous pouvez les trouver sur radio blog)
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Nibelheim
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MessageSujet: Re: Chorégraphies de mots. [Nibel']   Lun 30 Avr - 16:51

Je ne sais si j'ai bien fait de poster, vu que je n'ai aucune réponse. Toutes les critiques sont les bienvenues à vrai dire. J'essaie de nouveau avec une nouvelle inachevée que je pense reprendre d'ici peu. Désolée si je vous ai importunés.



Cruautés parisiennes.

La rue s’étendait sous mes yeux. Tout les cinq mètres, bref îlot de réalité, les halos bleus d’un réverbère. Devant moi, l’écho des pas d’un autre. Derrière moi, le silence. Frisson. Je regarde distraitement l’heure à mon poignet, et sourit doucement. Le jour ne se lève que dans une heure. Comme un goût amer de fin de nuit, et de retour au vrai. Des ombres frissonnantes au détour des trottoirs, les derniers regards fanés sous le porche des hôtels miteux. Celui devant moi marche vite, j’ai du mal à le suivre, le rattraper. Je contemple peut-être trop. Au fond de ma tête, un air un peu surfait, lancinant. On était dans une heure où les gens de la nuit ferment les paupières et où ceux du petit matin s’animent. Un ou deux balayeurs dansent les yeux rivés au sol. Le bruit du balai qui griffe l’asphalte. Et je marche toujours, en quête d’un inconnu à aimer, d’une phrase saisie au vol au coin d’une rue, pour inventer une histoire aux hommes.
Pendant longtemps, j’ai suivi les mêmes personnes. Je m’attachais à une existence, n’en démordait plus. Faute de savoir vivre ma propre vie, je m’appropriais celle des autres. Il y avait cette femme au regard triste, celle de la rue voisine, qui dormait beaucoup trop le jour. Celle à qui j’arrachais le sourire … Celle qui avait un joli cou d’oiseau. On devinait dans ses yeux qu’elle rêvait de voyage. J’aime me bercer d’illusions pendant les instants où l’on ne pense pas. Et j’ai cru, rien qu’un instant avoir été heureux, quand je me perdais, me noyais dans ses mots. Ou à l’occasion dans ses bras mielleux.
Je me balade dans les anciennes rues Coupe-gorge, je contemple les maisons abandonnées. Derrière les fenêtres condamnées, je me crée des fantômes qui hurlent de vivre. Des fous à lier rien qu’à moi. Je livre mon esprit tout entier à des violences imaginaires, comme pour mieux me récompenser d’être encore là. Pourtant, je dois être un homme normal. Je souris aux enfants enfermés dans les cours d’école. Je bouscule les passants, je cours pour rattraper le temps. J’ignore les agonies sur les bancs publics, les hurlements dans les foules. Je fais juste comme si je n’avais rien vu.


C’est la solitude des êtres abandonnés qu’on entend chanter sous les fenêtres mortes, le peu de souffle qui reste encore plaqué sur notre vie. Les hommes marchent, courent, prennent plaisir à s’étouffer mutuellement. La terre tremble, et je me sens autre. A voir passer une robe pourpre et des gants de dentelle au travers des rues insalubres, au bitume fatigué, aux êtres invisibles. Sans savoir où je suis, où j’étais. Spleen sans idéal, à l’édulcorée, je dansais comme je pouvais des valses au bras de quelque cadavre fané. Et je me souviens … Des bribes de vrai perdu dans mes rêves. Cette jeune fille corsetée, drapée rouge sang, qui dansait la mazurka en feignant d’ignorer les regards. Ses hurlements plaintifs, le cœur au bord des lèvres … Nous sommes toujours à bout de souffle finalement. L’être humain est décidément trop fragile. Vacillant. Comme la lueur d’une bougie, vite noyée, broyée par l’obscurité. Toujours pareil. La vie se joue de nous, à la fois triste et bariolée, et ramenant nos illustres des temps modernes. Les redingotes claquent sous les vents de tempête, une calèche traverse la ville, boueuse, derrière l’œil fou des chevaux, et les sabots résonnent sur les pavés. Un chapeau s’envole et se perd, à l’infini. Des poussières, des cendres, un souvenir à la fois étrange et déformé. Dernier soupir d’une image.

Je marche toujours. Le jour se lève, finalement.

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Minosium
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MessageSujet: Re: Chorégraphies de mots. [Nibel']   Mar 1 Mai - 13:13

Waow, j'ai lus ton premier texte Extrait, description d'une rencontre dans le métro. Vraiment, il est très intéressant, j'aime beaucoup t'es déscriptions, enfin t'as façon de le faire, l(es)'idée(s) que tu développe notamment.
Je croit comprendre le genre de situation que tu décris, mais ça reste très personnel, enfin... personnel mais à tout le monde ><. Bref...

Citation :
Laissons s’aimer les inconnus, ce sont les rares instants où ils ne pleurent pas les négligences de ceux qui leur avaient promis d’être là pour eux.

Très belle conclusion, vraiment...

Je vais m'attaquer au dernier que tu as mise, j'espère il est tout aussi intéressant que l'autre.
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Kirjava
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MessageSujet: Re: Chorégraphies de mots. [Nibel']   Mar 1 Mai - 15:26

J'ai lu les trois.
Tous m'atteint.
L'inconnu du métro, cet artiste, ces beaux doigts, moi aussi je le connais.
Ton écriture est ennivrante. Tu écris tellement de choses, tu remplis, tu touches le gris du monde et toutes les couleurs sont des taches sur un tissu gris.
Encore, s'il te plait.
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Dimitri
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MessageSujet: Re: Chorégraphies de mots. [Nibel']   Jeu 31 Mai - 23:27

Ce qui est intéressant, c'est que l'atmosphère est cohérente, les métaphores sont filées mais pas trop loin si bien qu'on ne doit pas trop dérouler la pelote pour comprendre. Malgré tout il y a peut être un peu trop de détails, mais c'est un détailliste qui te parle, alors pas de soucis. Quelques mots trop récurrents aussi peut être. Le texte le plus intéressant, d'après moi est celui de l'inconnu du métro.

J'ignore si c'est autobiographique, en tous les cas ici on sent un soin et une émotion particulière, plus que chez certains textes de gens qui s'aiment d'ailleurs -mais il ne suffit sûrement pas de s'aimer pour pondre des métaphores à en tomber (...)- en tous cas je doute que l'inconnu en question, s'il existe, mérite réellement ce soin; parfois les inconnus sont plus intéressants quand ils donnent la poésie et ne prennent rien d'autre. J'ai l'impression que le texte abonde dans ce sens (?).

Juste deux petites questions ; as tu écouté de la musique en même temps que tu as écrit ? et cesses tu parfois d'écrire par impression de désintérêt ou de lassitude des gens?...voilà ce sera tout
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Nibelheim
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MessageSujet: Re: Chorégraphies de mots. [Nibel']   Sam 2 Juin - 14:26

Un grand merci à vous trois

Dimitri :
Le texte de l'inconnu est autobiographique. Une vision dans le métro, intemporelle qui m'a beaucoup touchée. C'est étrange de "tomber amoureux" comme ça d'un inconnu et c'est ce que j'ai essayé de faire passer à travers le texte. Quand les gens m'ont dit "mais fallait lui parler", "le suivre", "tu vas le chercher?" j'ai répondu que ce n'était pas la peine, c'est le mystère et le silence qui a fait ce qu'il était, cela aurait été une grossière erreur que de lui parler, ça lui aurait redonné sa réalité, et c'était justement ce manque de réalité qui me touchait chez lui.

Pour ce qui est de la musique,alors oui, très souvent. Cela vient peut-être du fait que je danse, et que donc je me base souvent sur une musique pour décrire mes émotions. Pour la premier texte j'avais précisé les morceaux que j'avais écoutés pendant l'écriture, je crois bien. Essentiellement des musiques calmes, douces, parfois avec des paroles (l'album Damnation d'Opeth, Blackfield, Anathema, ...)
Pour la dernière question, je ne la saisis pas très bien. Il est vrai que je n'ai pas grande confiance en moi et que je me base assez sur l'avis des gens pour essayer d'avancer. Mais à moins d'être cassée directement (cela m'est arrivé avec ma prof de français de troisième), je ne me décourage pas et écrit avant tout pour moi. Il n'y a qu'un cas où j'arrête vite d'écrire quand je n'ai pas de marque de l'intérêt des gens, et cela ne concerne pas une forme vraiment littéraire, c'est le Blog. Là c'est sur que s'il n'y a aucun commentaire pendant plusieurs notes, je finis par me dire que je ne suis pas intéressante, que je suis insignifiante et je me bloque. Idiot, hein ? ^^"

Voilà j'espère avoir répondu à tes questions, je te remercie pour ce long message =)
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Dimitri
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MessageSujet: Re: Chorégraphies de mots. [Nibel']   Lun 4 Juin - 16:16

De rien ^^

Je n'ai jamais trop compris pourquoi on préférait se conforter à travers une illusion plutôt que de rencontrer, un jour, quelqu'un de réellement extraodinaire et romantique...Je comprends le charme de l'inconnu et ce genre d'événement arrive à tous, mais personnellement ce serait plus une timidité qui pourrait parfois m'empêcher d'engager le dialogue, plutôt qu'une peur de démystifier, au contraire, cela me plaît de cerner la vérité des gens. Ca dépend l'angle sous lequel on voit la chose. Mais je t'aurais pas dit "il fallait lui parler" parce que c'est un peu facile, et peut être que ce n'est pas très romantique non plus...

Sinon pour le fait d'écouter de la musique en écrivant - j'avais vu les titres - mais je demandais parce que lorsqu'il m'est arrivé de le faire, c'était quite ou double; soit le texte respectait trop la musicalité originale, soit il arrivait simplement à extraire l'âme du morceau et à en faire quelque chose de neuf ( j'essaie d'apprendre à écrire toujours dans le silence, car j'ai remarqué que j'ai besoin du vide pour créer : la nuit, dans le silence, difficile de se reporter sur autre chose que son imagination). C'était donc pour imaginer tes conditions d'écriture :)

Sinon c'est logique que si tu publies quelque chose ( exemple ton blog ) tu attendes un "public" ( avec les commentaires). Je posais cette question car j'ai la sensation d'écrire pour les autres, avec le temps, mais c'est un bon état d'esprit que d'écrire pour soi!
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